Pourquoi : L’urgence devant le juge administratif

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Les cinquièmes états généraux du droit administratif ont permis aux avocats, magistrats et professeurs de faire le point sur les procédures d'urgence devant le Tribunal administratif.

Pascal Eydoux voulait que cette journée permette « d’approfondir les réflexions sur des enjeux communs, notamment sur le rôle du juge administratif dans la protection des libertés et des droits fondamentaux. » Ces états généraux étaient l’occasion de dresser un bilan de la loi sur les référés, quinze ans après son décret d’application et alors qu’ils sont de plus en plus médiatisés : « Dieudonné M’Bala M’Bala », « Google contre CNIL », « VTC contre taxis », « Vincent Lambert »…  En quinze ans, le référé s’est bien inséré dans la pratique des juridictions.

Le temps de l’administration qui peut jouer la montre n’est pas celui du justiciable qui doit faire face à l’activité administrative. En prison, l’administration a besoin de décisions rapides. Le temps du juge est celui de la prise de décision indépendante et impartiale. Chaque année, 15500 référés d’urgence sont pris dans des délais très brefs, dont 3500 référés libertés. Le Conseil d’État statue aussi tous les ans sur 300 affaires dont la moitié sont des appels de référé liberté. Le taux d'appel des décisions en référés se situe en dessous de 10 %. Les référés libertés font exception à 16 %. Le taux de succès de ces recours en cassation est de 7 %.

« Les avocats ne pourraient plus travailler sans le référé » affirme Jean-Jacques Israël, avocat au barreau de Paris et doyen de l’université Paris Est Créteil Val-de-Marne. Pour Pascal Eydoux, le référé permet de compléter, diversifier, sécuriser la boite à outil du juge par des instruments de droit pour développer la procédure participative. Il offre une vraie réponse et un défi de permettre aux clients de contractualiser leurs contentieux. Il allège la charge du juge mais lui permet de conserver son rôle d’arbitre.

Le référé, création de la loi du 15 juin 2000

Le référé est un recours jugé sur le fond. Il veut apporter en temps utile une réponse adaptée aux litiges présentant un caractère d’urgence. Sa procédure est caractérisée par une grande souplesse basée sur le « soft law » et l’importance de l’oralité dans les débats. Il permet de demander au juge des référés – un magistrat statuant seul – d’ordonner toute mesure nécessaire à la protection d’une liberté fondamentale.

Le référé permet de demander des mesures provisoires afin de régler des cas urgents, et des mesures d'instruction comme une expertise pour établir des preuves avant le procès. Il peut se prononcer sur l’inconstitutionnalité, la compatibilité des lois, le droit européen, le droit des contrats, les décisions d’expulsion des étrangers… Il existe deux principaux types de référés : « suspension » qui arrête une décision de justice et « liberté » qui préserve les libertés fondamentales d’une personne menacée. Un tiers des référés concernent des décisions d’éloignement des étrangers.

La procédure complète un premier procès. Elle permet de modifier les décisions et d’enlever les vices, d’où parfois une confusion entre juge des référés et juge de la médiation, dénoncée par les intervenants. Un référé permet cependant d'obtenir des dommages et intérêts en attendant le résultat du procès principal qui porte sur le fond et la totalité des litiges. Les mesures ordonnées par un référé sont provisoires et peuvent être contredites par le tribunal en charge du procès principal. Elles fonctionnent avant la fin du procès si la décision est favorable. La justice des référés statue lorsqu’aucune contestation ne peut remettre en cause la décision soit par des mesures uniquement conservatoire. La décision du référé clôt souvent l’instruction. Le non-respect de cette décision entraîne le dessaisissement de l’affaire.

Améliorer les droits de la défense

La loi de 2000 fut un aggiornamento qui a transformé le rôle du recours pour compléter le « sursis à exécution », tout en affirmant la place des juges. Il a demandé d’adapter le rythme de la procédure pour obtenir une plus grande réactivité, faisant du juge des référés, un défenseur de premier plan. Le recours n’est ainsi plus une contrainte organisationnelle mais un mode déterminé et définitif d’application du droit administratif (urbanisme, droit des contrats, conseil aux collectivités locales).

Dès ses débuts, le référé s’est montré innovant, rompant avec les règles professionnelles et procédurales. Il a permis une accélération du dialogue par le passage des écritures aux observations orales. Il s’est traduit par des décisions plus compréhensibles pour le justiciable car, comme le rappelle Pascal Eydoux, «  il est compliqué d’expliquer au justiciable que la décision est irrégulière mais qu’il n’y a pas d’urgence ». Pour Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’État, cela ajoute « plus de proximité » et permet de mesurer le « bon fonctionnement et de l’efficacité de la Justice, donc la bonne santé de la démocratie. »

Le référé a changé les statistiques, la culture du travail et les réflexes et méthodes. Il permet une plus grande autonomie de la procédure. L’audience du référé permet souvent de révéler les faiblesses d’un dossier et suggère parfois les moyens d’y remédier. L’autonomie du référé tend à s’affirmer et des aménagements vont pour s’affiner. Les exigences du référé supposent un aménagement de certaines règles du droit administratif comme la voie de fait. Le Conseil d’État propose alors de créer un « référé conciliation », mode alternatif de règlement de différend.

Une nouvelle culture de l’urgence

En introduction, Pascal Eydoux estimait que  « c’est à l’excellence des procédures d’urgence que l’on mesure l’efficacité d’une juridiction. » Jean-Jacques Louis, président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, a témoigné de l’urgence au niveau d’un juge administratif de premier degré. Lui voit l’urgence comme permettant d’aller plus vite et de casser la lenteur du juge. Pour lui, la culture de l'urgence a modifié la pratique du juge administratif, qui a dû apprendre à découpler « urgence et sécurité juridique ». La multiplication de la forme des référés a modifié les comportements : le juge est désormais obligé de prioriser. Il ne respecte plus la coutume du FIFO (First in First out – premier arrivé, premier traité). Pour lui, « une culture générale de l’urgence dépend du nombre de spécialistes en droit administratif dans chaque barreau. »

La culture de l’urgence signifie que l’impératif est repris et amplifié par d’autres pouvoirs donnés au juge administratif. Actuellement, les retards se surveillent et les délais sont encadrés. L’urgence a introduit plus de fluidité dans la procédure faisant du temps réel le temps administratif. Le temps du juge est devenu celui de la prise de décision. Le référé a estompé les différences entre l’action administrative et l’intervention juridictionnelle dans la procédure de décision. Il a engagé la crédibilité du juge qui ne peut pas prendre autant de temps que les décisions d’une administration qui se heurteraient à des obstacles. Ce pourquoi le juge de l’urgence fait une utilisation accrue de droit souple.

Bernard Stirn, président de la section Contentieux au Conseil d'Etat, demande « plus de sécurité juridique et une procédure d'urgence pour certains marchés », que l’on puisse apprécier l’urgence de manière plus libérale. Sébastien Bracq, avocat au barreau de Lyon et membre du CNB, développait les outils du juge du référé pour mettre en œuvre l'urgence dès le rendu de l'ordonnance. Car pour lui,« la compétence des avocats est de savoir justifier rapidement l’urgence. » Les avocats espèrent désormais beaucoup du cyber-référé et du développement de conventions type. Pour le président du CNB, Télérecours doit devenir un mode définitif et l’accès dématérialisé à certaines juridictions comme e-Barreau doit être plus automatique. 

Les procédures d'urgence ont dévoilé le rôle du juge administratif et elles lui ont permis d’approfondir son contrôle. Le juge de l'urgence est devenu un juge de l'évidence. Ces états généraux auront également permis d’explorer le champ de l’urgence devant le juge administratif, au travers de quatre perspectives : « urgence et protection des libertés économiques », « urgence et droit de l’urbanisme et de l’environnement », « urgence et protection des droits fondamentaux » et « urgence et mise en œuvre des plans de sauvegarde de l’emploi ».

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard 

PROTECTION DES JOURNALISTES : DÉCISION HISTORIQUE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU

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Le 27 mai 2015, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution historique concernant la protection des journalistes. C’est la première fois depuis 2006 que ce thème est abordé à la tribune des Nations Unies

« c’est un jour historique pour la protection des journalistes »

C’est aussi la première fois qu’une décision du Conseil de sécurité évoque le droit à la liberté d’expression. La résolution 2222 reconnaît en effet que les médias libres et indépendants sont essentiels à la démocratie car ils favorisent la protection des civils.

Par ailleurs il a été décidé que les violences envers les journalistes devraient être prises en compte dans les rapports des opérations de l’ONU. Dans la même lancée il a été voté que la Cour pénale internationale s’engage plus fermement contre l’impunité des crimes envers les journalistes. 

Bien que l’adoption de cette résolution historique représente une avancée majeure dans la protection des journalistes, son application devra être vérifiée à l’avenir. Ce signal encourageant envoyé par le Conseil de sécurité ne doit pas occulter les prochains défis. La protection des journalistes devrait être étendue aux journalistes non-professionnels et en dehors des zones guerres.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard 

La justice française comporte deux ordres de juridictions.

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La juridiction judiciaire est compétente pour juger les litiges (de nature civile ou commerciale) opposant deux personnes privées, et pour sanctionner les infractions aux lois pénales.

La juridiction administrative est compétente pour juger les litiges opposant une personne privée à l'État, à une collectivité territoriale, à un établissement public ou à un organisme privé chargé d'une mission de service public.

Pourquoi un juge administratif ?

La justice administrative a été créée pour faire respecter le droit par les administrations et réparer les dommages que celles-ci auraient pu causer. Seul un juge spécialisé, qui connaît les impératifs de service public et sait interpréter la volonté générale, peut bien juger l'administration et protéger les citoyens.

Créé en 1799, le Conseil d'État a mis au point une jurisprudence (c'est-à-dire des règles de droit définies par le juge) soucieuse de concilier les droits des citoyens avec les nécessités du service public. La juridiction administrative s'est renforcée avec la création des conseils de préfecture en 1800, devenus en 1953 les tribunaux administratifs. Les cours administratives d'appel ont été créées en 1987. Spécialisées, ces juridictions connaissent bien les règles de fonctionnement des services publics et sont donc en mesure de les contrôler efficacement.

Le Conseil d'État et les autres juridictions administratives veillent à assurer l'équilibre entre les prérogatives de puissance publique et les droits des citoyens. La justice administrative n'a cessé de renforcer la soumission de l'administration au droit et, par conséquent, la protection des citoyens.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard 

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Internet pour tous….Quitte à vous forcer un peu la main ?

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Les géants de l’Internet mondial ont une obsession. Enfin, certainement plusieurs, mais une qu’ils partagent de manière évidente : vous donner accès à Internet. Quitte à vous forcer un peu la main…

Bien sûr, si vous me lisez, c’est que vous avez accès à Internet. Mais l’avez-vous quand vous partez en vacances au fin fond de la Creuse ? Ou bien dans le métro ? Pour avoir passé des heures perchées sur un talus créé par des taupes au fin fond d’un jardin creusois afin de capter un peu de 3G, je peux vous assurer que l’accès à Internet est loin, très loin, d’être généralisé en France.

Et quand on passe au niveau mondial, on se rend compte qu’Internet, qui est aussi nécessaire à certains que l’air et l’eau fraiche, est loin, très très loin de s’être imposé. Seuls 42% des Terriens que nous sommes ont en effet accès aux joies du Web. Et les autres ? Eh bien, selon votre rapport aux nouvelles technologies, soit vous les plaindrez soit vous vanterez leur mode de vie qui échappe aux turpitudes technologiques de notre vie moderne.

Les géants de l’Internet ont bien sûr choisi leur camp. Et ils n’ont pas l’intention de se contenter des 3 et quelques milliards d’internautes. Ce dont ils rêvent, eux, c’est d’une humanité connectée. Et de mettre en avant démocratie, liberté d’expression et éducation… tout en s’assurant que nous avons bien tous accès à leurs services.

Ce (beau) rêve se heurte bien évidemment à de nombreux obstacles. Des régions entières du globe échappent aujourd’hui à la connexion, aussi bien pour des raisons techniques que politiques. Restent des territoires comme la Corée du Nord, l’Erythrée, la Syrie, l’Iran ou encore l’Ouzbékistan et la Somalie qui restreignent très fortement l’accès de leur population à Internet. Ah oui, et n’oublions pas la Chine qui a tendance à surveiller de près les habitudes de ses internautes.

Les difficultés techniques demeurent encore une des principales limitations à un accès généralisé à Internet. Il est évidemment difficile de se connecter du fin fond du Sahara, du haut de l’Everest ou encore de l’Arctique. Un problème de connexion qui est loin de se limiter à ces zones archétypiques.

La question économique, indissociable de l’environnement, se pose évidemment pour la population rurale de certains pays qui n’a accès à aucun des services majeurs de notre monde contemporain. Pas d’accès à l’eau courant, pas d’électricité… et donc, pas d’Internet. Et puis, bien sûr, il y a des obstacles économiques évidents – le prix d’une connexion à Internet ou d’un équipement qu’il soit smartphone ou ordinateur. Etre connecté à un coût que de nombreuses personnes — aussi bien dans les pays développés qu’en voie de développement — ne peuvent se permettre.

Pour les géants de l’Internet, ces obstacles sont évidemment problématiques — je le rappelle, plus de la moitié de l’humanité n’a pas accès leurs services et produits –, et ce d’autant plus que le marché arrive à une certaine saturation dans les pays développés.

Il faut donc conquérir de nouveaux marchés. C’est ce qui explique par exemple l’investissement massif dans les objets connectés ou la ville intelligente (deux secteurs sur lesquels nous avons largement investi dans La Quotidienne Pro) mais aussi les efforts menés par ces sociétés pour offrir un accès mondial et généralisé à Internet.

Face aux contraintes économiques, gouvernements et secteur privé ont développé toute une gamme de solutions adaptées. Smartphones ou ordinateurs low cost, forfaits ou cartes prépayées doivent ouvrir en grand les portes de l’Internet.

Restent les questions techniques, nouvelle frontière pour les entreprises Internet qui témoignent d’une étonnante imagination en la matière, créant une nouvelle zone à la fois de combat et de collaboration entre les grands acteurs du secteur. Ericsson, MediaTek, Nokia, Opera, Qualcomm, Samsung et Facebook ont ainsi créé le projet "Internet.org", qui veut étendre la connectivité à l’ensemble de l’humanité.

Mais ce sont surtout les batailles qui retiennent l’attention des médias et des investisseurs qui y voient de belles opportunités. Et c’est ce que nous verrons dès demain !

Dans La Quotidienne Pro, Internet est une tendance forte de notre portefeuille. Parmi mes valeurs préférées, un spécialiste de la fibre optique très haut débit — celle qui va vous permettre de regarder films en streaming et de télécharger (légalement bien sûr !) à la vitesse de l’éclair — qui a fait d’excellents choix technologiques il y a quelques années. Des choix qui portent aujourd’hui leurs fruits…

Meilleures salutations,