De moins en moins de journaliste !

 

De moins en moins de journalistes. C’est le verdict du dernier bilan de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. Les chiffres ? En 2009, la CCIJP avait distribué 37 390 cartes de journalistes actifs. En 2022, seulement 33 626 ont été accordées. Une chute inexorable, malgré le caractère toujours attractif de cette profession dans la jeunesse, avec 1950 premières demandes en 2022, en hausse de plus de 4% sur l’année précédente. Une chute malgré la baisse des exigences : il suffit d’avoir gagné un demi-smic mensuel sur 12 mois l’année précédente pour obtenir cette carte professionnelle. Et la Commission a été plus généreuse qu’auparavant pour l’accorder à des collègues au chômage afin de tenir compte des effets de la crise sanitaire dûe à la COVID-19. Ainsi, elle annonce seulement 501 refus, soit 1,4% des demandes reçues.

Cette perte de près de plus de 3700 journalistes en un peu plus qu’une décennie, malgré les créations d’emplois dans le numérique, signale une impasse démocratique majeure. Pas de société démocratique sans presse libre et indépendante disent tout aussi bien la théorie et les sciences politiques enseignées à l’Université que la pratique. Il n’existe pas, sur la planète, de pays où démocratie et absence de liberté de la presse co-existeraient et feraient la démonstration inverse. Et comme il est difficile d’imaginer que cette presse libre et indépendante puisse vivre sans journalistes, la diminution de leur nombre réduit sa possibilité d’existence. De même que la dégradation du statut économique des journalistes, précarité et bas revenus sont contradictoires avec l’exigence de liberté et d’indépendance.

Tous ignorants

Le journaliste spécialisé en science que je suis ne peut manquer d’y ajouter  la nécessité d’une presse compétente.

Nombre de collègues pensent qu’il suffit qu’elle soit diverse et que la liberté d’expression soit garantie pour que le rôle social de la presse, comme ingrédient indispensable à la démocratie, soit rempli. Cette vision étriquée sous-estime l’implicite qui sous-tend le projet démocratique : le peuple choisit non seulement librement mais aussi en connaissance de cause ses élus et leurs programmes. Autrement dit, un peuple qui n’est pas bien informé ne peut pas répondre positivement à ce deuxième impératif démocratique. Pour qu’il soit bien informé, il doit d’abord être formé, c’est le rôle de l’école. Et ensuite correctement informé, c’est le rôle de la presse. Ce rôle suppose une qualité de l’information et pas seulement la liberté d’expression des opinions. L’exemple récent, mal-traité par le Conseil de déontologie journalistique et de médiation, d’un énième cas de négation des résultats scientifiques solidement établis en climatologie dans Le Figaro en témoigne.

Démocratie et technologies

Informer correctement les citoyens du mouvement des sciences comme de leurs impacts sur la société, notamment en raison de l’usage massif des technologies qui en découlent, participe de cet impératif démocratique. Cette tache immense, et nécessaire si l’on veut vivre en démocratie en utilisant les technologies, ne peut se faire à quelques-uns, si compétents soient-ils. Comme tout le monde (scientifiques compris), chaque journaliste spécialisé en science ignore la majorité des connaissances enseignées dans les premières années d’université et d’école d’ingénieurs. Pour compenser cette difficulté, spécialisation et du temps consacré à chaque article ou sujet vidéo et radio sont incontournables… ce qui suppose des journalistes assez nombreux. Une condition nécessaire mais pas suffisante, comme le montrent les dérives d’un système médiatique soumis à des impératifs commerciaux et d’audience, à l’exemple catastrophique du traitement de la crise sanitaire de la COVID-19 par les chaînes d’information continue.

Une société démocratique ne peut l’être et le rester que si elle consent un investissement massif dans la qualité de son information, investissement public, collectif donc, mais aussi individuel, par un effort intellectuel et financier. Une visée à l’opposé de l’infotainnement, la mort de cette visée démocratique. L’un des paramètres de cet effort est le nombre de journalistes professionnels, leur diminution depuis plus de dix ans en France est un signal d’alerte.

 Ecrit par : J. Bayard 

La retraite des journalistes

 

En France, il y a environ 35 000 journalistes professionnels qui détiennent la carte de presse. Certains travaillent pour des chaines de service public tandis que d’autres exercent leur profession au sein de médias privés. Les journalistes relèvent du régime général, mais leur retraite présente quelques particularités.

 Quelles sont les spécificités de la retraite des journalistes ? Comment est calculée leur retraite? A quel âge peuvent-ils liquider leurs droits ? Focus sur la retraite des journalistes.

 Sommaire

  1. Quelle est la caisse de retraite des journalistes ?
  2. Quel est le montant moyen de la retraite d’un journaliste ?
  3. Quel est l’âge de départ à la retraite des journalistes ?
  4. L’indemnité de départ en retraite des journalistes.
  5. Comment faire une demande de retraite pour un journaliste ?
  6. Quelle est la pension de réversion des journalistes ?
  7. Qu’est-ce que la réforme des retraites peut changer pour les journalistes ?

 Quelle est la caisse de retraite des journalistes ?

Les journalistes relèvent du régime général, et cotisent auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) pour leur retraite de base. Celle-ci est représentée par une Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT) dans chaque région. C’est la CARSAT qui est chargée du versement des retraites.

Il faut noter que les cotisations des journalistes sont soumises à des règles particulières :

  • L’abattement sur le taux de cotisation : le taux des cotisations des journalistes est réduit de 20%, pour le salarié comme pour l’employeur.
  • L’abattement sur l’assiette des cotisations : Les journalistes qui le souhaitent peuvent également faire baisser de 30% la base sur laquelle ils cotisent. Concrètement, ils perçoivent donc un salaire net plus élevé. Avant d’opter pour l’abattement, il faut se montrer vigilant, car il peut y avoir des conséquences sur la retraite
  • Pour les journalistes qui perçoivent un salaire annuel inférieur à 48 736 euros (Plafond de la Sécurité Sociale + 7 600 €), profiter de l’abattement peut entrainer une baisse du montant de la retraite. Cela sera notamment le cas si l’abattement est appliqué sur les 25 meilleures années de la carrière du journalistes, sur la base desquelles est calculée la retraite.
  • Pour les journalistes dont le salaire dépasse 48 736 euros, il n’y a pas d’impact sur le montant de leur future retraite. En effet, il n’y a plus de cotisations pour la retraite de base sur la fraction du salaire qui dépasse le Plafond de la Sécurité Sociale.

Pour la retraite complémentaire, les journalistes sont affiliés à l’Agirc-Arrco, par le biais du groupe Audiens. Avant la des deux caisses en 2019, les journalistes cotisaient auprès d’Agirc, complémentaire des cadres. Contrairement à la CNAV, l’Agirc-Arrco est un régime à points.

Quel est le montant moyen de la retraite d’un journaliste ?

Le mode de calcul de la retraite des journalistes est le même que pour les autres salariés du régime général. Il est basé sur le salaire moyen durant les 25 meilleures années de la carrière du journaliste. Le taux de la pension est quand à lui déterminé par le rapport entre la durée de cotisation du salarié et la durée d’assurance de référence. Pour les journalistes, le taux plein correspond à 50% du salaire moyen. Pour calculer le montant de la retraite de base, on utilise la formule suivante :

Salaire moyen × taux de liquidation × (durée de cotisation/ durée de référence) = montant de la retraite de base.

La retraite peut cependant faire l’objet d’une décote si le journaliste n’a pas atteint la durée d’assurance exigée. A l’inverse, une surcote peut être accordée lorsque le salarié réunit plus de trimestres que nécessaire. Sous certaines conditions, le montant de la retraite peut également faire l’objet d’une majoration. C’est par exemple le cas pour les parents de familles nombreuses. La majoration accordée est alors de 10% pour les trois premiers enfants. Elle passe ensuite à 5% par enfant à partir du quatrième.

Quel est l’âge de départ à la retraite des journalistes ?

Comme tous les actifs dépendant du régime général, les journalistes peuvent partir à la retraite à 62 ans. Il faut néanmoins distinguer entre l’âge légal de départ à la retraite, et l’âge de départ à taux plein.

  • L’âge légal, qui est l’âge à partir duquel l’assuré peut liquider ses droits à la retraite. Il est fixé à 62 ans. Pour percevoir se retraite à taux plein, le salarié doit totaliser entre 165 et 172 trimestres d’assurance, selon son année de naissance.
  • L’âge à taux plein est l’âge à partir duquel le salarié obtient le taux plein automatiquement. Il touche sa retraite sans minoration, même sans justifier du nombre de trimestres requis pour le taux plein. Il est fixé à 67 ans pour les assurés nés après 1955.

Les journalistes doivent en principe partir à la retraite au plus tard à 70 ans. Entre 65 et 69 ans, l’employeur peut prendre l’initiative de mettre le journaliste à la retraite. Dans ce cas, ce dernier peut prétendre à une indemnité de départ à la retraite plus importante que ce qu’il aurait perçu pour un départ volontaire.

L’indemnité de départ en retraite des journalistes.

Tous les salariés du privé perçoivent une indemnité au moment de leur départ à la retraite. Pour les journalistes, il existe cependant une indemnité spécifique, qui est prévue par l’article 51 de la Convention collective nationale de travail des journalistes. Plus avantageuse que l’indemnité de base, elle est calculée en fonction de l’ancienneté du journaliste dans l’entreprise. Son montant correspond ainsi à :

  • 1 mois de salaire après 2 ans d’ancienneté ;
  • 2 mois de salaire après 5 ans d’ancienneté;
  • 3 mois de salaire après 10 ans d’ancienneté;
  • 4 mois de salaire après 20 ans d’ancienneté;
  • 5 mois de salaire à partir de 30 ans d’ancienneté.

L’indemnité de départ des journalistes n’est pas cumulable les autres indemnités du même type. C’est donc la plus avantageuse qui est accordée. Elle n’est versée une fois que le journaliste a obtenu la liquidation de sa retraite de base. Si le départ à la retraite résulte d’une initiative de l’employeur (pour les journalistes âgés de 65 à 69 ans), l’indemnité sera plus élevée que pour un départ volontaire.

Comment faire une demande de retraite pour un journaliste ?

Pour liquider ses droits à la retraite, le journaliste doit en faire la demande au moins 6 mois avant la date souhaitée de départ. Cette démarche peut être effectuée en ligne depuis le portail lassuranceretraite.fr. Depuis son espace sécurisé, l’assuré a la possibilité de compléter directement son dossier et déposer les pièces justificatives nécessaires. Pour suivre l’avancement de sa demande, il lui suffit ensuite d’accéder à la rubrique « Suivre ma demande en cours ». En parallèle, le journaliste doit informer son employeur de sa demande au moins 3 mois avant sa date de départ.

Cette démarche unique est valable à la fois pour le régime de base et pour le régime complémentaire. Une fois la retraite de base liquidée, le journaliste peut percevoir son indemnité de départ à la retraite, versée en une fois.

Quelle est la pension de réversion des journalistes ?

En cas de décès, le conjoint ou ex conjoint d’un journaliste a droit à une pension de réversion. Celle-ci correspond à une partie de la pension que le conjoint décédé percevait ou aurait perçu une fois à la retraite. Pour en bénéficier, il faut remplir certaines conditions :

  • Les conjoints devaient être mariés. En revanche, le PACS et le concubinage ne permettent pas de percevoir une pension de réversion.
  • Le conjoint survivant doit être âgé de 55 ans au moins.
  • Le montant des ressources du conjoint doit rester inférieur à certains plafonds. En 2021, il est fixé à 21 798,4 € pour une personne seule et 34 877,44 € pour un couple.

Dans le régime de base, la pension de réversion correspond à 54 % de la pension de retraite de l’assuré décédé. En 2021, son montant annuel doit être compris entre 3 492,37 € et 11 106,72 €. Seule la fraction de la pension comprise dans la limite des plafonds de ressources est versée. Il y a une exception lorsque la pension fait l’objet d’une majoration. Elle peut alors être versée au delà du plafond applicable aux ressources du conjoint survivant.

Le versement de la pension de réversion n’est pas automatique. Il faut en faire la demande sur le site info-retraite.fr dans la rubrique « Demander ma réversion ». Si la pension est accordée, le droit est établi à partir du 1er du mois suivant le dépôt de la demande.

Qu’est-ce que la réforme des retraites peut changer pour les journalistes ?

Voulue par Emmanuel Macron, la réforme des retraites prévoit l’instauration d’un régime universel à points. Il devrait commencer à s’appliquer progressivement à partir de la génération née en 1975. Parmi les modifications prévues par la réforme, certaines préoccupent particulièrement les journalistes.

Le changement de mode des calcul des retraites prévu par la réforme pourrait avoir un impact significatif pour les journalistes. C’est désormais la totalité de la carrière qui serait prise en compte, contre les 25 meilleures années aujourd’hui. Or la carrière des journalistes est rarement continue, et il est fréquent que ces derniers rencontrent des périodes de précarité. Avec la nouvelle méthode de calcul, ils risquent donc de percevoir une pension plus faible qu’avec le système actuel.

Concernant les abattements sur les cotisations des journalistes, sa disparition n’est pas prévue dans l’immédiat. En revanche, il pourrait s’avérer pénalisant avec le passage au système à point. Afin de limiter les conséquences de la réforme sur les droits à la retraite des journalistes, le gouvernement envisage l’attribution de points gratuits. Cette devrait cependant être transitoire, et s’étendre au maximum sur une quinzaine d’année.

 Ecrit par : J. Bayard 

 

 

 

                                                                                                                                                     

 

 

Les journalistes

Taux réduits cas particuliers

Certaines cotisations patronales et salariales dues au titre des pigistes et des journalistes, titulaires de la carte professionnelle bénéficient d’un abattement de 20 %.

Initialement, le bénéfice du taux réduit s’appliquait aux salariés qui travaillaient régulièrement et simultanément pour plusieurs employeurs (notamment les pigistes). Les journalistes titulaires de la carte de presse étant présumés travailler pour plusieurs employeurs, cet abattement a été généralisé.

L’abattement de 20 % concerne les pigistes et les journalistes et assimilés (collaborateurs directs de la rédaction, rédacteurs-traducteurs, sténographes-rédacteurs, rédacteurs-réviseurs, reporters-dessinateurs, reporters-photographes) quel que soit le nombre de leurs employeurs.

Les employeurs concernés par cette mesure sont :

·         les journaux d’information : édition, impression, édition de revues et périodiques ;

·         les agences de presse y compris journalistes et photographes indépendants ;

·         les entreprises de radiodiffusion et de télévision (pour tout le personnel sauf les artistes).

Les taux de cotisations de Sécurité sociale dues pour les salariés concernés sont calculés pour chaque employeur en appliquant aux taux du régime général un abattement de 20 %.

Cet abattement s’applique aux cotisations :

  • accidents du travail – maladies professionnelles ;
  •  allocations familiales ;
  • assurance vieillesse plafonnée ;
  •  assurance vieillesse sur la totalité pour la part patronale ;
  •  versement mobilité.

Cette réduction de taux n’est en revanche pas applicable :

  • à la cotisation d’assurance maladie ;
  • à la contribution Fnal (qu’elle soit due au taux de 0,10 % ou au taux de 0,50 %) ;
  • à la cotisation salariale d’assurance vieillesse déplafonnée ;
  • à la contribution de solidarité autonomie (CSA) ;
  • aux contributions d’assurance chômage et à la cotisation AGS ;
  • à la CSG et à la CRDS.

 

L’application de taux réduits :

  • dispense l’employeur de procéder à la régularisation annuelle des cotisations plafonnées de Sécurité sociale ;
  • n’empêche pas l’employeur de bénéficier de la réduction générale des cotisations patronales de Sécurité sociale ;
  • ne permet pas d’appliquer la réduction de plafond propre aux temps partiels.

Les journalistes professionnels bénéficient d’un taux réduit égal à 80 % du taux de droit commun applicable ainsi que d’une déduction forfaitaire spécifique (DFS) pour frais professionnels de 30 %.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard  

Source : Les journalistes - Urssaf.fr

 

Tous nos vœux pour 2023 du Conseil de l’Ordre des Journalistes de France

 

Chères toutes et chers tous,

Je vous remercie de votre présence à ce premier rendez-vous important de la vie républicaine car il me permet de vous adresser mes vœux pour 2023, ce nouveau millésime.

Je suis heureux de vous retrouver pour vous présenter mes meilleurs vœux pour l’année 2023 qui arrive à nous. Je formule pour vous-mêmes et vos proches des vœux de sérénité et d’épanouissement.

Je me permets d’ajouter que je vous souhaite que l’année soit douce.

Le COJF vous souhaite à vous et vos proches une très belle année 2023, une année de combat, mais aussi de tolérance et de fraternité, il y en aura besoin dans le contexte électoral incertain qui s'annonce. L’actualité de la profession, la liberté d'informer, sans cesse menacée, doit être défendue avec force

"La France est attachée profondément à la liberté de la presse, et donc à l’indépendance des médias, dans un monde."

 Plus que jamais, notre COJF, qui célébrera en 2023 ses 14 ans d'existence, est mobilisé pour promouvoir l'indépendance des médias, le pluralisme des opinions, et une charte d'éthique commune à toute la profession, afin de garantir le droit du public à une information de qualité, complète, et libérée de tous les pouvoirs.

Je remercie l’entourage des collaborateurs les plus proches, celles d’abord qui sont demeurées auprès de moi et auxquelles j’exprime une particulière reconnaissance, celles et ceux qui sont arrivés, les autres aussi qui ont fait le choix personnel de se tourner vers d’autres activités.

Vous pouvez en être sûrs, je vous écoute, je vous comprends, je vous respecte, professionnels de grande qualité dans votre diversité qui faites face à tant de difficultés mais parvenez aussi à tant de réussites, journalistes dont la liberté d’appréciation est si précieuse.

Ecrit par : J. Bayard 

 

 

Le recours à l'article 49.3 de la Constitution : dans quels cas ?

Dans le cadre de l'examen d'un projet de loi en séance publique à l'Assemblée nationale, l'article 49 alinéa 3 (49.3) de la Constitution peut permettre l'adoption sans vote d'une loi.

Vie publique

Dernière modification : 22 août 2022

L'article 49.3 de la Constitution donne la possibilité au Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, d’engager la responsabilité du Gouvernement sur le vote :

  • d’un projet de loi de finances ;
  • d'un projet de loi de financement de la sécurité sociale ;
  • d’un autre projet ou une proposition de loi en débat à l’Assemblée nationale.

Si le Premier ministre décide d’y recourir, sa décision entraîne la suspension immédiate de la discussion du projet de loi. Le texte est considéré comme adopté, sans être soumis au vote, sauf si une motion de censure est déposée dans les 24 heures qui suivent.

La motion de censure doit être votée selon des conditions très précises : seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée. Si la motion de censure est adoptée, le texte est rejeté et le Gouvernement est renversé.

Depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, hors projets de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale, l’article 49.3 ne peut être utilisé que sur un seul texte au cours d’une même session parlementaire . Avant cette révision de la Constitution, le gouvernement pouvait y avoir recours aussi souvent qu’il le voulait et sur n’importe quel texte.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard