Gérer ses relations presse : Elections municipales

 

 

Communication politique / En matière de politique, les médias constituent un outil d’appréhension de la vie publique et participent de ce fait au débat démocratique. C’est d’autant plus vrai pour la presse quotidienne régionale (PQR) qui cristallise les expressions politiques locales dans des territoires circonscrits correspondants à ceux de leurs lectorats et avec bien souvent un monopole sur les territoires de diffusion. Autrement dit, les titres de la PQR sont des médias de proximité particulièrement utiles en période électorale pour cibler une population locale précise et obtenir ainsi un impact qualitatif dans une zone donnée. D’autant plus que dans un contexte de défiance des Français envers les journalistes, la PQR reste leader des médias comme la source de l’information la plus exclusive, utile et fiable.

Un impact à double sens des médias en communication politique

1. Les médias influencent le contexte à un moment T en produisant des effets indirects :

  • effets cognitifs, en informant sur l’environnement lointain de l’électeur ;
  • effets d’agenda, soit la désignation de problèmes et enjeux considérés prioritaires ;
  • effets de cadrage, à travers des schémas d’interprétation sur les enjeux et problèmes sociaux ;
  • effets d’amorçage, avec un traitement de l’actualité qui façonne les critères pertinents dans l’évaluation des candidats et situations politiques. 

Les médias impactent certains des aspects et sujets entrant en compte dans les choix des électeurs. Cela est intéressant puisque dans les petites communes en particulier et plus largement à l’échelle locale et régionale sur tout le territoire français, le quotidien régional constitue le vecteur d’information principal des habitants.

2. La prise en compte de ces effets indirects dans votre stratégie de relations presse peut vous permettre de trouver la bonne manière d’atteindre les citoyens à travers les médias et ainsi :

  • obtenir une forte visibilité auprès du lectorat et donc des électeurs sur un territoire donné ;
  • communiquer différemment sur vos idées et actions, grâce à des articles, reportages et interviews ;
  • renforcer votre crédibilité et votre légitimité.

A travers le traitement de l’actualité et y compris le traitement des campagnes électorales sur le territoire, la presse de proximité a un lien fort avec la démocratie qu’elle alimente. Si les citoyens pensent souvent que les médias n’influencent que les autres et non eux-mêmes (le fameux « effet de la troisième personne »), la visibilité acquise dans la presse et dans les médias audiovisuels pourra vous permettre une influence certaine. 

Quelques exemples de stratégie de relations presse en communication politique

Les médias sont par essence contributeurs dans le jeu démocratique, en témoignent la multitude de présentations de candidats, reportages sur les actions militantes ou encore les interviews en période électorale. Si l’action de terrain est l’aspect le plus important en période électorale et que les réseaux sociaux ont pris une place prépondérante en quelques années, les relations presse demeurent indispensables et particulièrement efficaces dans une stratégie de communication politique. Quelques exemples ci-dessous.

En décembre 2013, Anne Hidalgo, candidate socialiste à la mairie de Paris qui avait misé sur une stratégie de communication politique originale, a choisi de respecter l’usage en matière de relations presse avec une classique conférence de presse afin de présenter son programme électoral à un parterre de journalistes.

En 2016, dans la dernière ligne droite avant la date butoir pour collecter le nombre de parrainages nécessaire afin de se présenter à la primaire de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas hésité à se mettre en scène tout au long de la dernière semaine. Les nombreux journalistes reçus dans son QG parisien ont ainsi vu la candidate réceptionner le courrier du jour et les militants compter les parrainages.

Vous l’aurez compris, qu’il s’agisse d’acquérir une visibilité, d’informer, de séduire ou de convaincre, les relations presse permettent d’atteindre le lectorat et donc les citoyens à travers la presse.

Un encadrement légal précis en période électorale 

Les principes et interdictions dans le Code électoral s’agissant de la communication politique en période électorale s’appliquent également vis-à-vis des médias. Ainsi, la communication institutionnelle et la propagande électorale doivent bien être distinguées et il est par exemple interdit pour l’équipe municipale de promouvoir le bilan et les actions du maire sortant candidat. En revanche, le bulletin municipal d’une commune, qui intègre les tribunes libres, ne saurait contrôler le contenu des articles rédigés par l’opposition, mêmes s’ils ont une vocation électorale. La publicité commerciale par voie audiovisuelle ou de presse est interdite si elle a une finalité électorale. Il existe un principe d’égalité stricte dans les médias : le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) contrôle le temps de parole et d’antenne (réalisé dans des conditions comparables) qui doit être strictement identique pour tous, sous peine de mise en demeure et sanction des médias. La presse écrite et Internet ne sont cependant pas soumis à ces règles et ont le droit d’être des médias d’opinion. Le week-end du scrutin, l’article L.49 du Code électoral proscrit toute propagande électorale – notamment audiovisuelle – et donc la diffusion d’élément nouveau de polémique électorale, d’un sondage électoral ou encore la publication d’un entretien avec un candidat dans un quotidien.

 Les principaux usages des relations presse

S’agissant de la couverture géographique des médias, ne sollicitez la Presse Quotidienne Nationale que s’il existe des enjeux particulièrement intéressants au-delà du seul territoire concerné. Privilégiez prioritairement la Presse Quotidienne Régionale dans un souci de proximité et de pertinence de vos actions. Les radios et télévisions locales sont idéales pour « humaniser » votre communication et maximiser votre visibilité, puisqu’elles sont pour la plupart gratuites et facilement accessibles.

De manière générale, vos relations avec la presse doivent être anticipées et finement pensées. Le plus important est de la tenir informée chaque fois et uniquement lorsque nécessaire. Le communiqué de presse reste le document le plus pertinent pour cela. Il devra nécessairement être court, informatif, structuré et avec un à deux verbatims pouvant être repris en l’état. Il sera adressé à des journalistes triés sur le volet – pas plus de trois par rédaction – et ajoutés à un fichier presse ne comprenant que les interlocuteurs idoines (couvrant votre zone géographique ainsi que vos sujets de prédilection – la politique, l’actualité régionale ou une thématique particulière). La diffusion du communiqué de presse pourra être suivie de relances auprès des journalistes. Pour entretenir vos liens avec les rédactions et obtenir des articles de fond étayés, pensez à proposer des exclusivités quand le sujet s’y prête et à diffuser les communiqués de presse sous embargo. La rédaction d’une tribune peut également constituer un excellent moyen de vous positionner et vous adresser au lectorat d’un média.

En ce qui concerne les rencontres avec la presse, trois grandes possibilités :

  • un rendez-vous informel ou une interview pour évoquer des sujets particulièrement intéressants ;
  • un reportage pour révéler des aspects du candidat et de sa campagne (fendre l’armure, personnalité, actions) ;
  • une conférence de presse pour une annonce importante comme la présentation de votre programme électoral. 

Enfin, ne négligez pas l’importance du digital. L’expansion fulgurante du Web couplée à la diversification des médias numériques et ainsi à l’expansion du volume d’informations en ligne démontrent une digitalisation d’une partie des médias. Une stratégie de relations presse efficace tient nécessairement compte de cet aspect-là. Si des influenceurs en ligne sont présents sur votre territoire, vous devez les intégrer à votre communication. Souvent, ces influenceurs développent une ligne éditoriale hybride à cheval entre la démarche journalistique traditionnelle et l’approche d’un citoyen engagé. 

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

 

Municipales 2020 : ces médias en quête de proximité

S’éloigner des agendas politiques, renouer avec les préoccupations des électeurs et attiser l’intérêt de leur public sur les élections municipales : certains médias tentent de replacer la proximité au cœur de leur traitement éditorial. La Revue des médias s’est penchée sur quelques-unes de ces initiatives, à l'approche du lancement de la campagne électorale. 

Médias et élections, piège à comm’

De la télévision aux réseaux sociaux, la relation entre médias et politiques a-t-elle vraiment évolué ? Regards croisés, à l’occasion de la campagne municipale 2020.

La télévision au centre de la bataille présidentielle

La télévision est au cœur des campagnes électorales. Techniques de communication, rôle des débats, place du citoyen téléspectateur... Quelles sont les évolutions dans le traitement médiatique des campagnes depuis 1965 ?  

Stratégie électorale : le média n’est pas le problème (ni la solution)

En 50 ans, le système médiatique a connu d’importants bouleversements, notamment avec l'arrivée d'Internet et le développement des réseaux sociaux. Pourtant, lors des campagnes électorales, on peut se demander si la relation entre médias et acteurs politiques a réellement changé.

Municipales : une régulation du temps de parole à contretemps des usages

Le penchant français pour l’encadrement du travail des journalistes s’affirme notamment lors des campagnes politiques avec le comptage du temps de parole à la radio et la TV des candidats à la présidentielle. Une obsession à rebours de l’évolution des médias et des pratiques du public.

Le meeting municipal, les enjeux politiques d’un rituel cathodique

Au cours des trois dernières décennies, le meeting organisé dans le cadre d’une campagne municipal s’est transformé sous l’effet de la TV, jusqu’à se fondre dans le moule cathodique. Depuis 2007, ce rituel est devenu une coproduction entre journalistes et politiques.

Quand les youtubeurs investissent le champ politique

Depuis la création de YouTube et Dailymotion en 2005, la vidéo sur Internet s’est inscrite dans la culture médiatique. De nouveaux acteurs renouvellent la communication politique en proposant des formats proches des citoyens. Une approche alternative qui suscite l’intérêt des politiques.

Les réseaux sociaux, une simple vitrine pour les émissions TV politiques

Retour sur Mots croisés et Des paroles et des actes, deux émissions politiques pionnières dans l’utilisation des réseaux sociaux pour interagir avec leur public. 

Les partis politiques sur les réseaux sociaux : un entre-soi ?

Depuis 2007, l’usage intensif des réseaux sociaux par les partis politiques, couplé à l’essor des chaînes d’information en continu, modifient la temporalité des campagnes électorales, de plus en plus instantanées, suivant le rythme des tweets. Sans vraiment impliquer les citoyens...

Élections en séries (TV)

Nombre de séries télévisées nous immergent dans le quotidien de professionnels de la politique, notamment au moment de la compétition électorale. Ces fictions nous captivent par les relations entre fond, forme et format qu’elles adoptent, mais que nous disent-elles du champ politique ?

Les médias font l’élection : une croyance qui a la vie dure

Journalistes, politiques et même grand public : la croyance dans une influence décisive des médias sur le résultat des élections est largement partagée. Qu’en est-il réellement ? Si les médias sont au cœur des campagnes électorales, l’électeur reste l’acteur principal de son vote !

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

MUNICIPALES 2020 : LA QUESTION INTERCOMMUNALE AU CŒUR DU DÉBAT

 

Le scrutin municipal de mars prochain va aussi être un scrutin communautaire. La plupart des candidats en mesurent bien l'enjeu.


Quasiment toutes les communes relèvent désormais d'une structure intercommunale. Or, dans celles de 1 000 habitants et plus, les bulletins de vote devront préciser quels sont les candidats destinés à devenir conseillers communautaires. Dès lors, le positionnement à l'égard de l'intercommunalité va naturellement constituer un thème important de la campagne électorale.

Un bilan communautaire assumé par les maires

Nombre de maires, notamment ruraux, ont exprimé leurs réticences à l'égard de l'évolution de l'intercommunalité, craignant que les superstructures issues de la loi Notre n'empiètent sur leurs prérogatives. Pourtant, à l'heure du bilan communautaire, beaucoup d'entre eux en sont aujourd'hui pleinement partie prenante. C'est le cas de François Blanchet, maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée, 7 540 habitants) : « Maintenant que les compétences sont clairement définies et transférées, l'intercommunalité s'avère être un vrai atout. Nous avons pu nous doter d'équipements comme une salle de spectacle ou un stade nautique que nous n'aurions pas pu financer seuls. Nous porterons donc ce bilan dans la campagne des municipales. » Même son de cloche chez Jean-Pierre Duprat, maire de Salies-du-Salat (Haute-Garonne, 1 802 habitants) : « Les petites communes ont beaucoup à gagner de l'intercommunalité, même si j'estime que chacun doit rester à son niveau et que le maire doit garder la main sur la politique menée dans sa commune. Depuis les débuts, il y a eu une évolution dans notre positionnement vis-à-vis de l'intercommunalité. Les élus sont moins circonspects car nous constatons à l'échelle du bassin la possibilité de mener des politiques mutualisées et moins coûteuses : les déchets ou la voirie sont un bon exemple. » 

Répondre aux attentes des citoyens

À l'exception des EPCI XXL de plus de 50 communes, la cogestion mise en œuvre dans les intercommunalités à taille humaine semble aujourd'hui permettre à l'ensemble des maires, largement associés à l'exécutif, de s'approprier le bilan communautaire et de le revendiquer devant leurs électeurs. D'autant que leurs habitants se montrent massivement en attente d'un éclairage des candidats sur leurs options intercommunales (voir encadré). En tous cas, nombre d'élus comptent mettre à profit la campagne électorale pour faire oeuvre de pédagogie. François Blanchet y est très sensible : « L'intercommunalité va être un thème majeur de la campagne car c'est à ce niveau que s'exercent de plus en plus de compétences. Un des enjeux, c'est de faire comprendre aux citoyens la place de l'intercommunalité, son fonctionnement et son utilité. » Reste que le mode de désignation des élus communautaires demeure encore obscur pour les citoyens. À cet égard, Jean-Pierre Duprat pointe d'ailleurs une « nécessaire évolution vers plus de démocratie ».
 

Un recul du chauvinisme de village

Bon nombre de candidats afficheront la volonté de « défendre les intérêts des habitants » face à l'intercommunalité. Pourtant, conscients que leurs électeurs sont aujourd'hui plus ouverts sur leur territoire de proximité, certains maires infléchissent leurs discours. Ainsi, Jean-Pierre Duprat avoue que l'intercommunalité l'a poussé à la prise en compte de l'intérêt des habitants de tout un bassin, et non plus seulement de ceux de sa propre commune. François Blanchet annonce même la volonté des élus de sa communauté de communes d'établir un programme de gouvernance intercommunale, que les listes sortantes pourront déployer dans leur campagne électorale respective, quelles que soient leurs étiquettes politiques. « L'équipe communautaire va établir une feuille de route commune que nous défendrons dans le cadre de nos campagnes municipales. Même si chacun a ses convictions, nous tâchons de faire passer l'intérêt général avant toutes considérations politiciennes dans la mise en oeuvre de nos projets. »

Les Français et leur intercommunalité

 

·         83 % des Français pensent que l'intercommunalité est une bonne chose pour leur commune de résidence.

·         93 % souhaitent que, dans leur intercommunalité, les candidats à la présidence se déclarent clairement avant les élections locales.

·         94 % souhaitent que les grands projets et les compétences de leur intercommunalité soient placés au coeur des débats et des programmes des candidats aux élections municipales.

·         (source : Sondage IFOP, octobre 2018)

 Les candidats tête de liste doivent-ils pour autant aller jusqu'à s'accorder en amont sur une candidature unique de futur président ? « Pour ce qui est du 3ème tour, je souhaite que nous dégagions un consensus autour d'une seule candidature unanime », confirme Jean-Pierre Duprat pour sa communauté de communes Cagire Garonne Salat (Haute-Garonne, 55 communes, 17 764 habitants). « C'est ce à quoi nous travaillons, en laissant les étiquettes politiques à l'extérieur. Si cela se fait, tant mieux, sinon nous voterons », confie-t-il, même s'il n'est pas dupe quant aux manœuvres partisanes qui se trameront en coulisses.
3 règles à respecter sur le bulletin de vote

·         Même ordre de présentation : les candidats conseillers communautaires doivent figurer dans l'ordre de présentation dans lequel ils apparaissent sur la liste de candidats au siège de conseiller municipal. 

·         Règle du premier quart : les candidats présentés dans le premier quart de la liste intercommunale doivent figurer, de la même manière et dans le même ordre, en tête de la liste municipale.
  ·         Règle des trois premiers cinquièmes : tous les candidats aux sièges de conseiller communautaire doivent figurer au sein des trois premiers cinquièmes de la liste des candidats au conseil municipal.

 

Bonnets blancs et blancs bonnets ?

Bref, bilan commun, programme de gouvernance commun, candidature présidentielle commune et étiquettes politiques à la porte des assemblées communautaires … Est-ce à dire que les intercommunalités, pourtant en charge des compétences les plus importantes de la vie des administrés, ont conduit à une dépolitisation du débat local ? De fait, la recherche du compromis et du consensus comme mode de fonctionnement, initiée par l'intercommunalité, a imprégné la vie politique locale. De plus en plus de candidats prennent leur distance à l'égard de la politique partisane, présentée comme obstacle à l'intérêt général. Le fonctionnement collégial des assemblées intercommunales tend à faire apparaître comme de mesquines polémiques électoralistes les prises de position trop affirmées. Pour les candidats en lice, attention donc à ne pas renvoyer dans leur discours de campagne sur l'intercommunalité l'image d'une opposition factice. Mais, dans le même temps, si bilans et programmes sont identiques, pourquoi voter pour l'un plus que pour l'autre ? En fait, c'est peut-être davantage une vision du territoire porteuse de sens et d'avenir qui est attendue des électeurs, une vision qui projette la commune dans son environnement intercommunal à travers un projet politique au sein duquel l'intercommunalité est un outil, sans constituer une fin en soi.

Un scrutin, deux élections

·         1 000 habitants et plus : les deux listes, municipale et communautaire, doivent figurer de manière distincte sur le bulletin de vote, afin que la double portée du scrutin soit connue de manière claire par l'électeur qui n'insère dans l'urne qu'un seul bulletin. Le nombre de candidats au conseil communautaire est égal au nombre de sièges à pourvoir, augmenté d'un candidat supplémentaire si ce nombre est inférieur à cinq et de deux dans le cas inverse (article L. 273-9-I.-1° du Code électoral). 

·         Moins de 1 000 habitants : les délégués communautaires sont désignés parmi les membres du conseil municipal suivant l'ordre du tableau.

 

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard 

Vœux 2020

 

 

Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir répondu si nombreux à mon invitation pour les vœux de la nouvelle année. Je vous remercie également pour les souhaits exprimés par vos représentants respectifs.

Je souhaite à mon tour à tous vos adhérents une très bonne et heureuse année 2020.

Quelle vous apporte la joie à vous, vos familles et la réussite professionnelle. Vous savez tous l’estime, la considération et le respect que j’ai pour la profession de journaliste.

En effet, nous exerçons un métier passionnant et ce, dans des conditions souvent très difficiles. Le journalisme est un métier qui exige beaucoup de courage et d’investissement personnel.

 

C’est pourquoi, j’ai particulièrement apprécié cette dernière rencontre qui me tenait particulièrement à cœur.

Je voudrais profiter de ce moment pour saluer une fois de plus notre persévérance et notre volonté inébranlable d’informer le public en respectant totalement, notre charte nationale unique.

Je souhaite que vous puissiez éprouver en 2020 du Bien-être et du plaisir dans vos actions quotidiennes qui contribueront à la réussite du projet collectif qu’ensemble nous mettrons en œuvre pour les Medias.

En cette année 2020, relever nos défis doit signifier nous intéresser plus à l’homme et à son univers de vie. S’en suivront alors les avancées sociales, les progrès économiques et la réduction des inégalités indispensables à la cohésion de l’humanité. Abordons 2020 avec confiance.

Bonne et heureuse année à toutes et à tous.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

 

 

 

Elections municipales 2020 : les bonnes pratiques à adopter par les candidats et leurs équipes de campagne en période pré-électorale  

 

 

Mise au point sur les dernières jurisprudences et la bonne utilisation des outils numériques de communication.

L’arrêté fixant la date exacte à laquelle les élections municipales de 2020 se tiendront n’est pas encore paru mais il convient d’ores et déjà, pour les futurs candidats, de se préparer à la période pré-électorale qui débutera le 1er septembre 2019. Cette phase doit être abordée avec prudence, notamment au regard des obligations pesant sur les candidats en matière de propagande, dès lors que le non-respect des dispositions du code électoral peut conduire à l’annulation du scrutin et à des sanctions pécuniaires.

Droit public

Le droit public se définit comme la branche du droit s'intéressant au fonctionnement et à l’organisation de l’Etat (droit constitutionnel notamment), de l’administration (droit administratif), des personnes morales de droit public mais aussi, aux rapports entretenus entre ces derniers et les personnes privées.

Les élections concerneront près de 35000 communes françaises, parmi lesquelles de nombreuses communes de moyenne et petite taille. Un grand nombre de campagnes électorales seront menées par des candidats qui ne jouiront pas nécessairement d’une solide expérience dans cet exercice délicat et, qui plus est, dans des communes où le faible nombre d’électeurs peut aboutir à des résultats serrés. Or, c’est précisément dans cette dernière hypothèse que le juge administratif sera le plus attentif et enclin à sanctionner tout écart des candidats en matière de respect des règles de propagande. Une communication mal maîtrisée sera ainsi susceptible d’avoir des conséquences directes sur le résultat et la validité des élections locales.

A ces difficultés s’ajoute la place croissante occupée par la propagande sur Internet – et notamment sur les réseaux sociaux –, parallèlement aux outils traditionnels de campagne (réunions, affichage, tracts, circulaires etc.). En matière de communication numérique, contrairement au recours à l’audiovisuel, aucune autorité ne garantit une représentation équitable de la pluralité des candidats. Par conséquent, c’est le juge administratif qui veille à la bonne application des règles imposées par le code électoral, annulant à plusieurs reprises des élections en raison d’une utilisation imprudente ou dévoyée des réseaux sociaux.

Le présent article se propose d’apporter quelques conseils et recommandations en matière de communication institutionnelle et de propagande, qu’elle soit traditionnelle ou numérique, à la lumière de la jurisprudence récente, afin que les candidats et futurs candidats disposent de repères essentiels pour éviter les pièges qui parsèment les campagnes électorales.

Propagande : vigilance dans le cadre de la communication en ligne

En matière de propagande, l’article L.52-1 du code électoral prohibe l'utilisation de tout procédé de publicité commerciale, par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle, pendant la période de six mois précédant le mois des élections.

En matière de communication institutionnelle, le code électoral interdit toute campagne de promotion publicitaire relative aux réalisations ou à la gestion d'une collectivité sur le territoire concerné, sans pour autant limiter les opérations de communication habituelles des communes, ni empêcher le candidat sortant de présenter son bilan lors de sa campagne.

Les candidats devront redoubler de prudence, dès lors que tout support de communication quel qu’il soit est soumis à ces interdictions en vertu de l’article L.48-1 du code électoral.

Afin de prévenir une violation de ces obligations, par leur propre candidat ou par le candidat adverse, les équipes de campagne peuvent se rapporter à la grille d’analyse du juge administratif. Pour ce faire, il convient d’apprécier in concreto si la mesure envisagée est susceptible de constituer une manœuvre portant atteinte à l’égalité entre les candidats et d’altérer la sincérité du scrutin. Quelques exemples concrets apportés par la jurisprudence récente peuvent aider à appréhender ces qualifications.

Interdiction d’achat de publicité commerciale sur Internet

Si les candidats sont autorisés à mettre en place des sites Internet et comptes dédiés à leur campagne (Instagram, Twitter, Facebook etc.), il leur est en revanche formellement interdit d’utiliser des procédés de publicité commerciale – via l’achat de référencements sur les moteurs de recherche ou des publications sponsorisées sur les réseaux sociaux – afin de promouvoir leurs contenus. Cette limite est visiblement, de bonne ou de mauvaise foi, encore mal appréhendée par les candidats.

Le Conseil d’Etat a, par deux fois, jugé que l’achat d’un référencement commercial de site est prohibé et a lourdement sanctionné cette violation de l’article L. 52-1 du code électoral en annulant les élections concernées après avoir estimé que la sincérité du scrutin avait été altérée (CE, 13 févr. 2009, n°317637 ; CE, 25 févr. 2015, n°382904).

Dans les deux cas, afin de caractériser l’existence d’un procédé de publicité commerciale, le Conseil d’Etat a relevé que le référencement du site à finalités électorales permettait d’attirer vers lui des internautes effectuant des recherches dépourvues de lien avec les élections municipales.

L’annulation n’est cependant pas systématique. Le Conseil Constitutionnel – compétent en matière de contrôle de la régularité de l'élection des députés et des sénateurs – a pu estimer que si le référencement commercial d’un site électoral est frontalement contraire aux dispositions de l’article L.52-1 du code électoral,  la brièveté de la diffusion du lien en cause et l’absence de connexions n’ont pu altérer la sincérité du scrutin (Cons. Const., 8 déc. 2017, déc. n° 2017-5026 AN).

Il est par conséquent interdit aux candidats d’acheter toute prestation visant à mettre en avant leurs publications, à obtenir des soutiens fictifs (achat de « followers » et/ou d’abonnés) ou les faveurs d’une personne disposant d’un important auditoire sur Internet (recours à un « influenceur »). Les équipes de communication devront se contenter d’optimiser les fonctionnalités de chaque plateforme.

Par ailleurs, la prudence est également requise concernant le choix du site Internet : l’affichage de publicités par celui-ci peut être considéré comme un financement de campagne par une personne morale.

Vigilance accrue pour le maire sortant en matière de communication institutionnelle

Les règles imposées par le code électoral visent à prémunir les électeurs contre tout risque de confusion entre, d’une part, le maire en tant qu’élu en fonction et, d’autre part, le maire en tant que candidat. Elles visent également à prévenir le financement partiel de la campagne électorale du candidat sortant sur le budget municipal.

Le respect de ce double objectif, qui requiert parfois des qualités d’équilibriste, impose aux collectivités et aux élus une discipline rigoureuse dans la gestion de leur communication en période pré-électorale.

Concernant les opérations de communication, le juge administratif a sanctionné l’utilisation par un maire sortant, durant la campagne électorale, d’une page Facebook publique mélangeant informations institutionnelles et propagande électorale. Le Conseil d’Etat a confirmé que cette communication avait créé une confusion dans l’esprit des électeurs et constituait une manœuvre de nature à altérer la sincérité du scrutin (CE, 6 mai 2015, n°382518).

Il est donc impératif d’utiliser sur les réseaux sociaux des pages, comptes ou profils clairement distincts selon que le contenu est publié par le maire ou le candidat, par la commune ou la liste de candidats. Le lecteur doit être mis en mesure de déterminer, au premier coup d’œil, s’il se trouve en présence d’un support de communication relevant de la collectivité ou d’un outil de propagande. Il est notamment recommandé d’employer un ton adapté à chaque publication, ainsi que d’adopter une identité visuelle se distinguant clairement des codes graphiques traditionnels associés à la municipalité et à la commune.

A contrario, les outils de communication de la municipalité peuvent continuer d’être utilisés « normalement » : le bulletin municipal, à condition qu’il conserve un caractère informatif, peut faire état des réalisations et de la gestion de la municipalité sortante (CE, 17 juin 2015, n°385204).

En matière d’organisation d'événements au profit du candidat sortant, le juge administratif a estimé, à l’occasion des dernières élections municipales, que le maire sortant peut légitimement :

·         participer à l’inauguration d’un bâtiment dès lors que cette cérémonie intervient réellement dans le cadre de l’ouverture au public de l’édifice et que la cérémonie d’inauguration ne revêt pas un caractère inhabituel (CE, 17 juin 2015, n°385204) ;

·         organiser une cérémonie de vœux dans chacun des quartiers de la commune, puis au Palais des Congrès de la Ville, si cette pratique s’inscrit dans une tradition établie (CE, 8 juin 2015, n° 385721) ;

·         tenir des réunions visant à présenter aux habitants les projets de la commune si celles-ci s’inscrivent dans une pratique habituelle d’information et de concertation avec les habitants mise en œuvre par la municipalité (CE, 17 avril 2015, n°382194).

 

Conformément à sa jurisprudence antérieure, le juge administratif continue de veiller à ce que les évènements municipaux ne se transforment pas en actions détournées de promotion des réalisations du maire, financée par la municipalité. Afin d’éviter tout écueil à l’approche des élections, la collectivité s’abstiendra de toute communication inhabituelle ou orientée vers la valorisation du maire, sans pour autant renoncer au fonctionnement normal de ses services de communication dans l’intérêt de la commune.

Le respect du devoir de réserve sur tous les réseaux sociaux

L’article L.49 du code électoral interdit, à partir de la veille du scrutin à zéro heure, la distribution de bulletins, circulaires et autres documents, ainsi que la diffusion par tout moyen de communication au public par voie électronique de messages ayant le caractère de propagande électorale. La diffusion de sondages d’opinions est également interdite.

Cette interdiction vise notamment à empêcher qu’un candidat fausse le débat électoral en diffusant publiquement un nouvel élément de polémique électorale, sans que son adversaire ne soit en mesure d’y répondre (C. élect., art. L. 48-2).

Concernant le respect de ce devoir de réserve dans le cadre de l’utilisation d’outils numériques de communication, le Conseil Constitutionnel, dans une décision n° 2017-5092 AN du 18 décembre 2017, a été amené à apprécier la régularité de publications diffusées sur des comptes Facebook publics appartenant au candidat aux élections législatives – également maire – et à son premier adjoint. Compte tenu du faible écart de voix, le Conseil constitutionnel a estimé que cette communication avait bien altéré la sincérité du scrutin.

Le Conseil d’Etat a également annulé des élections au motif que des éléments nouveaux de polémique électorale avaient été introduits dans le débat et diffusés pendant la période de réserve. Le juge a estimé que les propos tenus – sous forme de nouvelle promesse électorale – avaient pu influencer le débat et que le candidat perdant avait été privé de la possibilité de répliquer (CE, 25 févr. 2015, n°385686).

Avant de prononcer une annulation, le juge administratif examine attentivement la teneur des propos, ainsi que leur impact sur le scrutin compte tenu du caractère public et de l’étendue de leur diffusion. Ces critères d’analyse sont applicables à tous types de publications sur les réseaux sociaux, par exemple à la diffusion de « selfies » réalisés dans un isoloir. Interrogé sur la violation du devoir de réserve, le juge a estimé que compte tenu de l’accessibilité retreinte de la publication, de l’absence d’affluence plus marquée au bureau de vote après la diffusion et de propos ayant un lien réel avec le débat électoral dans les commentaires, la publication n’avait pu altérer la sincérité du scrutin (TA Strasbourg, 20 mai 2014, n°1401578).

Bien que la communication privée reste possible sur les réseaux sociaux durant cette période, elle apparaît risquée : il existe en effet une probabilité non-négligeable pour qu’une publication initialement privée soit ensuite relayée et rediffusée à une échelle plus vaste.

Dans de telles circonstances, toute publication après minuit, la veille du scrutin, fait courir un risque inutile au candidat et sa campagne. De même, si la page, le profil ou le forum du site Internet du candidat n’est pas désactivée la veille des élections, celui-ci s’expose à ce que des tiers y publient des propos potentiellement assimilables à de la propagande. Le devoir de réserve s’imposant aussi bien au candidat, à son équipe, aux sympathisants qu’aux citoyens, la sensibilisation du public peut s’avérer nécessaire à son respect scrupuleux.

L’encadrement de l’affichage

Tout affichage relatif à l’élection municipale, même par affichage timbré, est interdit en dehors des emplacements spéciaux prévus par l’article L.51 du code électoral. En outre, cette interdiction concerne également les panneaux d’affichage d’expression libre lorsqu’il en existe.

Néanmoins, en cas d’inobservation de cette règle, le juge administratif se montre pragmatique et n’annule les élections qu’à la condition qu’elle revête le caractère d’une manœuvre ayant altéré la sincérité du scrutin. Seule un affichage massif, dont la durée pourrait être évaluée serait susceptible d’être pris en considération.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard